Conférence avec Yara El-Ghadban
Le poète Refaat Alareer disait : « Parfois, une patrie devient un récit. Nous aimons le récit parce qu’il nous raconte la patrie, et nous aimons d’autant plus la patrie grâce au récit. » Nombreuses sont les tentatives de narrer l’histoire et l’avenir de la Palestine: le récit biblique, le récit sioniste, le récit colonial, le récit orientaliste, le récit décolonial, le récit indigène, le récit diasporique. Or d’autres récits sont possibles. Lesquels, et peut-on cultiver un amour, une appartenance qui n’efface pas l’autre? Peu envisagent l’art de la Palestine, sa littérature, sa musique, comme une expression qui dépasse la chronique, la narration de décennies de malheurs et de mémoires amputées. Pourtant, pratiquer l’art en Palestine, c’est aussi inventer le jour d’après. Aller là où le monde entier refuse d’aller, c’est-à-dire vers un avenir palestinien.